Les loot boxes, ou « coffres à butin », se rencontrent dans l’univers des jeux vidéo. Ils se présentent généralement sous forme d’une boîte surprise générant aléatoirement un objet avantageux dans le jeu (par exemple une arme dans un jeu de tir). Ces boxes peuvent être gratuites ou payantes.

On peut aisément deviner l’effet addictif sur le joueur : dépenser encore et encore en espérant obtenir la meilleure arme possible, celle qui donnera un avantage certain sur ses concurrents.

L’addiction aux jeux vidéo peut s’apparenter à l’addiction aux jeux d’argent et commence à préoccuper les pouvoirs publics d’autant plus que la cible est souvent jeune. Devant l’absence de réglementation claire sur le sujet, une réponse ministérielle vient d’être apportée.

Faut-il légiférer dans ce domaine ?

 

  • Il existe déjà une législation : l’interdiction générale des loteries

Les loteries visées par cette interdiction sont celles qui répondent à ces conditions : une offre au public, l’espérance d’un gain, l’intervention du hasard et une participation financière. Les loot boxes payantes qui répondraient à ces conditions tomberaient donc déjà sous le coup de cette interdiction.

  • Concernant les autres loot boxes

Qu’elles soient gratuites ou qu’elles ne laissent pas espérer une récompense réelle, elles ne sont malgré tout pas sans risque sur la population des jeunes notamment. « Un examen scientifique approfondi de leurs effets sur la psychologie et le bien-être des joueurs » est envisagé.

  • Le cas particulier des « pay-to-win ».

Il s’agit de coffres virtuels, inclus dans un jeu, et dont le gain espéré a tellement d’importance pour profiter pleinement du jeu ou le terminer, qu’il est qualifié de « pay-to-win » (littéralement traduit par « payer pour gagner »).

Se pose la question de l’information du consommateur avant engagement, car le prix finalement payé est très éloigné du prix d’acquisition du jeu. Or le droit français prévoit déjà que tout professionnel doit informer le consommateur sur le prix du bien ou du service avant la conclusion du contrat.

Sur ce point, le ministère estime que la loi actuelle est suffisamment armée contre ces problèmes : les autorités compétentes doivent faire des appréciations au cas par cas, jeu par jeu, réclamation par réclamation, afin de vérifier si dans une situation donnée, il y a eu manquement à l’obligation d’information du consommateur par l’éditeur.

Il n’est toutefois pas écarté d’élaborer une réglementation spécifique sur le sujet. Cela s’annonce néanmoins compliqué. Tant qu’aucune réglementation européenne spécifique n’a été prise sur ce point, ce serait à chaque Etat de légiférer, au risque d’arriver très vite à une impasse : si la France réglemente et limite ces loot boxes, et que son voisin allemand ne le fait pas, vont se côtoyer sur les serveurs de jeux européens des joueurs complètement désavantagés les uns par rapport aux autres, vidant de sa substance l’intérêt du jeu. Débat à suivre…

Sources : Rép. min., n° 08639 : JO Sénat, 18 juill. 2019, p. 3895

 

Alexandre Schiff

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