Chaque année, plus de 200 000 personnes en France sont victimes d’usurpation d’identité. Ce phénomène, en constante augmentation, peut avoir des conséquences graves : dettes injustifiées, atteinte à la réputation, voire poursuites judiciaires. Une fois les données volées, prouver son innocence devient un véritable parcours du combattant.
À l’occasion de la Journée mondiale de la protection des données le 28 janvier, nous vous proposons de découvrir ce qu’est l’usurpation d’identité, comment la repérer, et surtout, quels sont les gestes à adopter pour vous prémunir contre ce type de fraude.
Qu'est-ce que l'usurpation d'identité ?
L’usurpation d’identité consiste à utiliser vos données personnelles sans votre consentement (nom, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires, photos, etc.)
- Vol physique : papiers d’identité (carte nationale, passeport, permis de conduire).
- Vol numérique : piratage de messageries, réseaux sociaux, ou récupération d’informations via des sites web peu sécurisés.
L’objectif est généralement triple :
- Financier : vider vos comptes ou contracter des crédits à votre nom
- Administratif : obtenir des papiers officiels ou des prestations sociales
- Nuire : détruire votre réputation ou commettre des délits en votre nom
Les techniques de fraude les plus fréquentes :
Pour voler vos données, les cybercriminels utilisent principalement le Phishing (hameçonnage par email) et le Smishing (par SMS). Ils ciblent souvent les comptes comme FranceConnect, les sites de livraison ou les réseaux sociaux pour récupérer vos identifiants.
Bon à savoir : L’usurpation d’identité est un délit puni par l’article 226-4-1 du Code pénal (jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende).
Comment détecter une usurpation d'identité ?
Certains signaux doivent vous alerter :
- Sur vos comptes bancaires : virements ou retraits inexpliqués, carte bloquée sans raison.
- Sur vos comptes en ligne : impossibilité de vous connecter, mot de passe modifié.
- Courriers ou mails suspects : notifications de connexion inhabituelles, relances pour des crédits que vous n’avez jamais demandés.
- Amendes injustifiées : par exemple, une contravention pour une infraction commise dans une ville où vous n’êtes jamais allé.
Exemple de scénario : « l’arnaque à la fausse amende »
Vous recevez un SMS qui semble provenir de l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infraction (ANTAI).
Le message : « Info ANTAI : vous avez une amende impayée de 35,00€. Passé un délai de 48h, le montant sera majoré à 135,00 €. Régularisez votre situation en cliquant sur le lien suivant : …«
Pris de panique, vous cliquez sur le lien. Vous arrivez sur un site qui ressemble trait pour trait au site officiel du gouvernement. On vous demande d’entrer vos informations : noms, prénoms, date de naissance, adresse postale. Puis on vous demande vos cordonnées bancaires pour payer l’amende.
C’est ici que le fraudeur gagne sur deux tableaux ! Vol d’argent (il récupère vos coordonnées de carte bleue) et vol d’identité (il peut créer des faux profils ou souscrire des abonnements à votre nom).
Comment repérer qu’il s’agit d’une fraude ?
- Canal de communication : l’administration française n’envoie jamais de SMS pour réclamer le paiement d’une amende.
- L’url (le lien) : le seul et unique site officiel pour payer ses amendes est Site officiel unique de télépaiement | Amendes.gouv.fr dont l’URL est www.amendes.gouv.fr : tout autre site est une escroquerie.
- La menace de majoration immédiate : les délais légaux pour une amende sont de 15 à 45 jours. Une menace de majoration sous 24h ou 38h est le signe typique d’une arnaque.
Guide de prévention : comment sécuriser votre identité numérique
Pour éviter de devenir victime, la prévention repose sur quelques bonnes pratiques numériques simples.
Victime d'usurpation d'identité : les étapes d'urgence
Si vous constatez une activité suspecte, chaque minute compte. Voici nos conseils à suivre :
- Récupérez les preuves : faites des captures d’écran des transactions suspectes ou des messages reçus.
- Prévenez vos banques : faites opposition immédiatement et demandez un relevé de la Banque de France pour vérifier si des crédits ont été ouverts à votre insu.
- Signalez l’usurpation sur la plateforme où elle s’est produite.
- Déposez plainte en vous rendant rapidement en gendarmerie/commissariat le plus proche.
- Vous pouvez appeler le 116 006 (France Victimes) ou Info Escroquerie : 0 805 805 817 pour être accompagné.